Arachnophobie en rémission ?
"Non mais attends, me dis-je, ce tapis filandreux là, qui jonche l'herbe, c'est ce que j'ose penser que cela peut être ? DES TOILES D'ARAIGNEES ? Moi vivante, je ne mettrais pas un orteil là-dedans ! Ca doit grouiller d'araignées géantes et voraces !"
Oui, mon arachnophobie est à ce point. Mais je voulais traverser ce champ pour ma promenade, il m'a fallu être convaincante avec moi-même.
"Non ! Impossible. Je te dis que pour faire d'aussi longues toiles qui couvrent le champ, elles doivent être aussi grosses -voire plus- que des sangliers."
Un premier pas quand même.
"Après tout, j'ai quand même mis mes grosses chaussures de marche et puis, elles ne sont peut-être pas si grosses que ça, hey t'as vu là-bas le joli paysage".
Deuxième, puis troisième, puis quatrième pas. Les toiles d'araignées étaient largement oubliées au profit de la contemplation face à Mont d'Astarac dans la brume du soir tombant et les Pyrénées.
J'ai bel et bien traversé le champ et j'ai bien vu qu'il n'y avait pas d'affreuses araignées grosses comme des sangliers prêtes à me dévorer. Et s'il n'y avait pas d'araignées, il y avait au moins une bonne gadoue bien collante pour crotter mes chaussures et le bas de mon pantalon. Certes… peut importe, l'essentiel était de prendre l'air et d'aller voir une amie de l'autre côté du village, un peu à l'extérieur. Je rejoins la petite route et je retrouve les deux arbres qui m'avaient émerveillée l'autre fois. Et derrière moi je laissais l'église de Manent-Montané toujours à vouloir faire concurrence aux cimes Pyrénéennes !
Plus j'avançais et plus le paysage au coucher de soleil devenait envoûtant. Les Pyrénées semblaient baigner dans une douce quiétude lumineuse …
Et un peu plus loin, les squelettes des arbres donnaient au ciel des couleurs encore plus intenses.
Je m'émerveillais, encore et toujours, devant cette vue imprenable sur les Pyrénées, mesurais ma chance, être là à ce moment précis, c'était une chance pour moi.
Un moment très agréable, certes à des endroits déjà explorés, mais pas par le même temps, pas à la même heure, une redécouverte donc, des paysages qui paraissaient nouveaux tout à coup. Il me suffisait juste de cesser de croire aux araignées géantes …










