Je gers, Tu gers, Il gers, Nous gersois...

Cela fait longtemps que j'y songeais, à faire un blog dédié au Gers. Dès que j'ai mis les pieds dans ce département j'ai été subjuguée par cette simple beauté campagnarde et ce calme d'or que je n'avais jamais connu ailleurs.

03 novembre 2009

De la musicalité de « L’Isle-de-Noé ».

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Rien ne sonne mieux au bout des lèvres que « L’Isle-de-Noé »… Un joli toponyme chantant ! Ce nom est ambigu à première vue. « Isle », certes, parce que le village est entouré des eaux de la Baïse, et Noé ? Il nous plairait temps, et surtout il nous serait facile, de penser au célèbre personnage biblique ayant sauvé des vies sous son arche pendant le déluge. Mais à l’Isle-de-Noé, il n’y a pas d’arche et étant quasi entourée d’eau, il est improbable qu’un déluge tel que celui décrit dans La Bible, ait épargné le village !


Noé ? Ce ne serait donc pas un nom propre alors ? Noe pourrait très bien venir de « nux, nucis », la « noix », c’est le cas d’un village qui s’appelle tout simplement Noé en Haute-Garonne. Mais cet étymon est plutôt présent dans des toponymes tels que « Nogaro », "Nogaroulet"… tiens cela ne vous rappelle-t-il pas le nom d’un célèbre chanteur toulousain et gascon qui faisait l’éloge de la belle Toulouse ?


Mais revenons-en à l’Isle-de-Noé et laissons de côté notre mélomanie. Si Noé venait de « noix », alors les lieux auraient été plantés de noyers ? Je n’en ai pas eu vent et ce ne sont là que des suppositions à la noix !

Cessons de polémiquer et venons-en au fait ! Ni personnage biblique, ni noix n’intervienne dans le parcours onomastique de l’Isle-de-Noe. Au départ, le village se nommait l’Isle-d’Arbéchan, portant le nom de son fondateur, un certain Gérard d’Arbéchan. Par alliance et héritage, le village est devenu la propriété de la famille de Noé et c’est ainsi que naquit en toute simplicité, le doux nom de L’Isle-de-Noé.

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13 juillet 2009

Mirepoix ?

Ce toponyme, je le trouve très musical, très  joli et pour une fois, je ne me suis pas trompée lorsque j’ai tenté sans documentation, d’en deviner l’origine.

Je me suis rappelé d’une visite guidée à Sarlat, non pas dans le Gers, mais dans la magnifique Dordogne et des commentaires apportés par la guide concernant les « puech » probablement à propos d’un village environnant. « Puech » veut dire « la colline, le mont », c’est un terme très répandu en France et notamment dans le Sud Ouest mais qui connait de nombreuses variations selon l’évolution qu’ont  subit les patois dans les diverses vallées. On obtient ainsi pour la même signification, les particules « Puech », « Puy », « Puis », « Poutge », « puch », « pey », « pouy », « poix »…

Sur le territoire gersois, pour le moment, j’ai noté la présence de « Puy » (Puységur par exemple) , « Poutge » (Saint-Jean Poutge), « Puj » (pujaudran), «Pouy » (Pouylebon), … et pour Mirepoix, aucun doute ne subsistait, « poix » voulait dire la même chose.

Il était donc facile de deviner que « Mirepoix » est le village qui « regarde de la colline ». J’ai évidemment vérifié mon hypothèse dans les livres. Les documents consultés prétendent que « Poix » est l’altération de « peig » ou « pech », signifiant « sommet ».

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Rien d’étonnant quand on sait que Mirepoix est construit sur un plateau collinaire, à la faible altitude de 150m, mais qui permet d’avoir un panorama sur les vallons voisins et de les observer à sa guise !


Article associé :

Le château de Mirepoix

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07 juillet 2009

Pourquoi Saramon ?

Je ne peux pas m’en empêcher. Je ne peux pas m’empêcher de chercher à savoir d’où vient tel ou tel nom. Aujourd’hui, c’est le joli village de Saramon qui passe à la casserole onomastique. « Saramon », il y a bien « un mont » juste à côté, il y en à même plusieurs. Et le « Sara », d’où vient-il ? Peut-être des sarrasins.


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J’imagine bien une peuplade sarrasine, débarquant sur les lieux, s’emparant de ce coin de campagne et donnant au village le sens de « Les monts sarrasins » , Saramon. Ce serait bien trop simpliste d’autant plus qu’une syllabe aurait disparu en route, encore que, la langue orale mange facilement les syllabe qui la dérange !

J’aurais eu beau extrapoler, réfléchir, associer des mots, fouiller mes dictionnaires, jamais je n’aurais trouvé de moi-même la véritable histoire du nom de Saramon. Mais c’est bien pour ça que les bibliothèques existent, pour satisfaire ce genre de soif onomastique infinie ?


J’en viens donc au fait. Il y avait au X e siècle à Saramon, un prieuré que l’on désignait par l’expression « Cella Monulphi ». Drôle de nom, n’est-ce pas ? « Cella » désignait la demeure d’une communauté monastique qui avait à sa tête un certain Monulphus. Pour ceux qui ont fait du latin, ils verront sûrement dans la syntaxe de l’expression, le sème de l’appartenance. Moi les déclinaisons latines, je ne m’en souviens plus !

« Cella » s’est transformé d’abord en « Sera » tout simplement parce que le « l » et le « r » sont phonétiquement très proche. D’ailleurs quand on roule les « r » on les transforme plus en « l » qu’autre chose et dans le Sud, et notamment dans le Gers, le « r » et plutôt prononcé mélangé à un « l ». Rien d’étonnant à cette transformation. Puis c’est devenu « Sara », la simplification de la langue orale, probablement.

Dans l’histoire, c’est le nom de Monulphus qui a été le plus abimé puisque le toponyme n’en a gardé que la toute première syllabe.

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Petite balade à Saramon

Randonnée autour de Saramon !

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02 juillet 2009

Pourquoi « Simorre » ?

Une question que je me suis posée dès les premières secondes passées dans le village après les vilains jeux de mots faits quand au calme régnant dans les rues du villages. « Simorre », en voilà  donc un nom intrigant !

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Je me souviens avoir été éblouie par l’église fortifiée, cela a surement influencé mes hypothèses. « Simorre », ça me faisait penser à une syllabe près à « Sycomore », tout simplement. Le Sycomore est un figuier africain connu pour posséder un bois incorruptible,  fort et robuste et j’en avais déjà étudié les traits en seconde année de lettres modernes pour en rapprocher le nom du personnage de « Sagremore » dans La Mort Le Roi Artu* un livre tout en ancien français datant du Moyen-âge. Et comme ça, ça m’était revenu, en voyant cette église fortifiée si belle, qui paraissait imprenable !

J’étais tellement sûre (et fière !) de mon hypothèse onomastique que je n’avais jamais pris le soin de vérifier en fouinant à la bibliothèque. Et puis, voilà, j’ai fini quand même par accepter que j’avais sûrement tort, même si j’adore mes extrapolations un peu farfelues et qu’il fallait quand même que je sache la vérité.

Le verdict est tombé ce soir : la première bourgade qui a été fondée à cet endroit s’appelait Cimigorra… cela viendrait du Celte-Ibère, mais en ce qui concerne ce que cela veut dire, il va me falloir un bon Dictionnaire Celte-Ibérique pour ça !

*La mort le roi artu est la syntaxe en ancien Français, cela se traduit par La Mort du roi Arthur

Article associé :

L'église abbatiale de Simorre

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09 juin 2009

Cassaigne, châtaignier, capitaine, chêne …

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La belle Cassaigne n'a pas fini de rester dans mes pensées ! Cassaigne, un nom bien joli et original, un nom sur lequel je ne m'étais pas encore penchée, jusqu'au jour où, ayant fait visiter ce mirifique village à une amie, elle m'a posé cette question "Dis, toi qui connais l'histoire de certains noms de village ( ndlr : probablement en référence au fait que je lui avais expliqué deux heures avant l'origine du nom "La Romieu"), Cassaigne, à ton avis, ça vient d'où comme nom ?". Me voilà bien embarrassée, séchée, collée ne trouvant que comme réponse "Je ne sais pas trop, peut-être cela a-t-il un rapport avec "Châtaigne" ?" C'est vrai, les sonorités se rapprochent et il aurait été tout à fait possible que l'usage populaire transforme un "t" gênant de l'ancien mot "Chastaigne" en "s". Mais l'hypothèse était trop simple, d'autant moins probable que le mot "Châtaigne" actuel serait devenu lui aussi "Cassaigne" et d'autre part, si le "t", s'est simplifié en une consonne plus coulante telle que le "s" pourquoi le "Ch" lui aussi plus coulant se serait transformé en un abrupt "c" à prononciation dure ?

Ce n'était pas assez logique. Et pourtant, étant donné que beaucoup de noms de lieux s'inspire du contexte naturel, il n'aurait pas été impossible que Cassaigne fusse un jour "le lieu planté de châtaigniers"

Me voilà donc à l'abordage de tous mes dictionnaires divers et variés. Je tombe dans mon dictionnaire d'ancien français sur le mot "Cataigne" qui désigne "le capitaine". Cassaigne, capitaine ? chef lieu ? En supériorité par rapport à d'autres ? Je tourne encore les pages en sens inverse. Voilà que mes yeux s'attardent sur le mot "cassain" qui signifie "chêne". Il me semble alors être sur la bonne piste. "Cassain" aurait donné "Cassaigne", lieu planté de chênes. Cela correspond à cette grande catégorie de noms s'inspirant de la nature qui les entoure et il y a plus de proximité lexicale et plus de logique qu'avec les autres mots.

J'avais cessé de chercher, pour une raison ou une autre. Jusqu'à ce que je tombe sur l'origine exacte du nom dans un livre emprunté à la bibliothèque : Commune du département du Gers, Tome II, L'arrondissement de Condom, édité par la Société Archéologique et Historique du Gers.

Ma dernière piste était la bonne. En effet, "Cassaigne" signifie "le bois planté de chênes". Il vient directement d'un mot gaulois "Cassa" qui désignait "le chêne". Le mot gaulois a adopté les règles grammaticales latines, mais a supplanté magnifiquement le latin "quercus" qui désignait également "le chêne". Et voilà une chose que j'aime dans l'onomastique : le fait que selon les époques, le nom d'un village a évolué, changé et s'est appelé de diverses manières : Cassaigne a d'abord pris le nom de Cassania, puis de Cassanha (je pense que le h est là influencé par les langues ibériques), puis Cassagne pour enfin devenir Cassaigne. Sa forme a changé avec la déformation du parler populaire mais pas son sens ! Cassaigne reste et restera onomastiquement parlant, la chênaie !

Une étrange question depuis me taraude : puisqu'Arrouède est "le lieu planté de chênes rouvres", est-ce qu'on peut considérer que Cassaigne est sa cousine ?



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Mes balades à Cassaigne (1)


Mes balades à Cassaigne (2) : un soir d'automne

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21 mai 2009

Masseube, un nom mystérieux !

Rien à faire ! J'ai eu beau me creuser profondément les méninges et parcourir les innombrables pages de mes dictionnaires, je n'ai pas réussi à trouver par moi-même l'origine linguistique du nom de mon futur village : Masseube. C'est là que je vais habiter d'ici l'année prochaine, alors évidemment, ma conscience ne serait pas tranquille si je n'en connais pas les moindres détails étymologiques !

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Heureusement les formidables fonds gersois de la bibliothèque d'Auch, que je consulte très régulièrement pour animer mon inspiration, sont toujours salvateurs ! J'ai donc trouvé une première hypothèse de base dans je ne sais plus quel livre. L'hypothèse me parait logique, elle se base sur le contexte naturel dans lequel le village a vu le jour, en l'occurrence la forêt. Et comme de nombreuses communes ont un nom en rapport avec la nature qui les entoure, c'est tout à fait plausible. La bastide de Masseube aurait donc été édifiée au cœur d'une forêt. Et en latin, "la forêt" est la traduction du mot "silvae" : ce mot aurait été progressivement modifié par l'usage populaire en "seuve" puis "seube". Pour comprendre ce genre de modification, il faut savoir que dans le langage populaire, la simplification de la prononciation est souvent de mise et a influencé notre langue actuelle. Ainsi, le "sil" de "silvae", relativement complexe, demandant un positionnement de la langue particulier, s'est transformé en "seu", plus facile à prononcer (faites le test ! ). Quant au "v", il est très courant en gascon que cette lettre devienne un -b- : influence de la langue basque et/ou de la langue ibérique fort probablement ! Nous voilà donc avancé pour le "seube", mais qu'en est-il du début du nom ? Le livre consultait semblait suppose que le "Mas" pourrait vouloir dire "au milieu de"Masseube serait donc la ville au milieu de la forêt.


Mais j'étais assez insatisfaite de ce "mas" car chez moi "mas" se rapporte plutôt à "maison". J'ai donc fouillé un peu plus loin dans les fonds gersois en espérant y trouver un livre dédié entièrement à Masseube ! Et Mardi c'était mon jour de chance ! Un ouvrage intitulé La Bastide de Masseube et réalisé par René Caïrou et paru en 1983 (année de ma naissance ! ) …

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Il explique que les archives restantes évoquent le nom de "Masséoubo" ("séou" étant l'étape intermédiaire entre le "sil" et le "seu" pour en revenir à ce que je disais tout à l'heure ) et que l'origine exacte du nom n'est pas certaine et a donné lieu à quelques extrapolations intéressantes.

"Manu Silva". Voilà ce que d'un côté certains pensent, "Manu silva" serait ce que signifie "Masseube", soit "La main de la forêt". J'aime cette hypothèse pleine de mystère et derrière laquelle il y a une légende, je cite R. Caïrou :


"Les moines de la grange auraient vu, une nuit, apparaître au-dessus de la forêt, une main lumineuse. Il n'en fallait pas plus pour crier au miracle et voir dans cette apparition un manifestation céleste."

Le "Manu silva" aurait donné aussi lieu à des explications plus "réalistes" comme le précise l'auteur :

"Plus réalistes sont ceux qui voient dans ce symbole les cinq chemins qui auraient parcouru la forêt et se seraient réunis en un point donné, comme les cinq doigts d'une main".



Les considérations vont bon train. Et dans un souci plus scientifique et étymologique d'autres ont plutôt pensé que le "mas" venait d'un terme du moyen-âge : "Mansus", "explatation rurale" qui viendrait de "mansio", "habitation, auberge". Après "Manu Silva", nous voici arrivés au "Mansio silvae" c'est-à-dire "la maison de la forêt", maison qui comme le précise René Caïrou "ne pourrait être que la grange monastique édifiée au début du XIIIe siècle." Pourtant le blason de la ville représente toujours la fameuse main du "manu silva"

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Quand on sait que la forêt, la "silvae" est symbole de tous les mystères, de magie et de puissances surnaturelles dans la littérature du Moyen-Age, le mystère qui tourne autour de ce nom est tout à fait légitime. J'aime ce doute, ces légendes, ces idées qui un jour, ont pu faire basculer le sens supposé originel que l'on donnait à cette ville. En attendant, moi qui vais y habiter dès l'an prochain, je me sens, du fait de mon prénom, bien en phase avec ma bastide : Sylvie la massylvaine (c'est ainsi qu'on en appelle les habitantes), ça en promet de grandes aventures !


Article associé :

Petite Balade à Masseube





N'oubliez pas le concours pour le premier anniversaire de ce blog et parlez moi d'un endroit gersois, girondin, nordiste, lorrain ….un endroit n'importe où que vous aimez particulièrement !

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13 mars 2009

Tous les chemins mènent à La Romieu !

Le somptueux village fortifié de La Romieu, baigné de belles légendes et d'où surgit la splendide collégiale, porte un nom qui m'intrigue. Et j'ai osé ! J'ai osé, j'ai osé m'imaginer qu'il voulait dire la Rome en mieux. C'eût été trop simpliste, évidemment, même si la beauté du village est tout aussi incroyable que celle de la capitale italienne.

Mais ne dit-on pas "Tous les chemins mènent à Rome" ?


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Le but fût de trouver d'abord le mot qui se rapporche le plus de "Romieu". J'ai donc directement plongé mon nez curieux dans le génialissime Dictionnaire de l'ancien Français de Algidas Julien Greimas plus communément nommé "Le Greimas" par métonymie par les professeurs d'Ancien français à la faculté de lettres. Et je suis tombée sur le mot "Romel" qui signifie "Pèlerin". Oui mais, ce n'est pas tout à fait "Romieu". Et bien figurez-vous, qu'en ancien français, les mots étaient les pauvres victimes de déclinaisons comme en latin (pourquoi croyez-vous que l'on dit "un cheval, des chevaux", héritage linguistique datant de ces années médiévales pleines de déclinaisons !). Et "Romieus" est une déclinaison d'un pluriel de "Romel". La Romieu signifirait donc "Les pèlerins".


Et pour une fois, je suis sur la bonne piste ! On pense que La Romieu a été fondée par deux pêlerins allemand qui après s'être rendus à Rome pour recevoir la bénédiction du Pape, était passé par la Gascogne pour se rendre à Santiago. En y passant , ils ont adoré les lieux paisibles qui s'offraient à eux et se sont installé dans un petit bout de forêt du Firmacon (région de La Romieu). C'était agréable pour eux de pouvoir se recueillir et prier dans le calme de la nature. On leur donna le bois nommé, probablement du fait de leur présence, "La Romeu" ce qui voulait surement dire "La forêt des pèlerins". Ils y fondèrent un prieuré qui devint une abbaye bénédictine autour de laquelle le village s'est développé. Est née alors "La Roumieu" issue donc du nom de ce bois, mais aussi du gascon "Roumiou" qui voulait dire "pèlerin".


Ah oui, "romel/romieus" vient tout simplement du nom de la ville de Rome, ville des pèlerinages… finalement j'avais presque raison, même les chemins étymologiques mènent à Rome !



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08 mars 2009

Pourquoi Tillac ?

Tillac sous la pluie, c’était très joli. Mais ce nom de Tillac est, non sans jeu de mot, un nom qui titille si bien que l’origine du nom n’est pas établie avec certitude. L’onomastique a parfois ses secrets.

 

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On pense évidemment, en tout premier lieu, au nom commun qui s’écrit exactement de la même façon dans notre langue française : « le tillac ». Le tillac est un mot qui est créé à l’époque de l’ancien français et qui vient d’une vieille langue scandinave (viking ?), le norrois. Dans cette langue qui était à des époques lointaines que très peu parlée, le « thilja » signifie « la planche, le plancher ». Facile d’y relier son sens actuel désignant « le pont supérieur du navire », en général, tout en bois. Mais comment le relier au village de Tillac ?

 J’oserais faire un lien chronologique entre le mot du norrois et Tillac. Le norrois était une langue parlée dans les pays nordiques entre le VII è et le XV è siècle. Or, Tillac est un village qui a été fondé au XI è siècle. Chronologiquement, ça colle. Sauf que si le Gers, malgré le froid qu’il y fait en ce moment, était dans les pays nordiques, ça se saurait. La seule hypothèse serait que des personnes parlant le norrois furent venues à cette époque et qu'un rapport sémantique entre des activités particulières à Tillac ait été établi à travers son nom. Le bois y était-il travaillé ? Rien n'a été démontré à ce sujet, mais rien d'impossible puisque les celtes, vikings et autres peuplades nordiques ont un jour traversé la région.

Il y a une autre hypothèse qui découlerait directement du vocabulaire gascon en raison des nombreux tilleuls qui entourent le village : "tihl" en gascon désigne "le tilleul". Ce n'est pas non plus impossible ! Beaucoup de nom de lieux gersois sont basés sur leur contexte naturel (Arrouède et les chênes rouvres par exemple, Fourcès et le "hourcès", lieu planté d'arbre ...).


Mais le suffixe "ac" intrigue dans ce cas et semble linguistiquement originaire de l'époque de l'occupation romaine. Selon ces considérations, Tillac existait déjà depuis plus longtemps que l'on croit !

Edit : A propos du Suffixe "ac", très présent dans la toponymie Gasconne, dans tout le Sud-Ouest et comme le précise Mickael en commentaire, en Poitou-Charente. J'ai trouvé quelques informations dans un livre intitulé "Toponymie Gasconne" de Bénédicte et Jean-Jacques Fénié que j'avais dans ma bibliothèque et que je n'ai pas pensé à consulté à ce propos. Le commentaire de Mickael m'a rappelé que j'avais ce livre fort intéressant. Il y est indiqué que le suffixe "ac" fût d'abord d'origine ...celte ("acos"). Il a été latinisé sous la forme "acum" qu'on retrouvait dans beaucoup de toponymes entre le II e et le  IV e siècle. En général il évoque "une appartenance" , notamment "Le domaine de ...". Tillac était peut être le domaine d'un certain "Tillus" ...


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Les tours-portes de Tillac.

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28 février 2009

Saint-Arroman ?

D’où vient donc ce nom ? Le nom du petit village perché sur son promontoire qui m’avait émerveillée cet automne, m’intrigue vraiment et me donne envie d’extrapoler outre mesure. Saint Arroman ? Pays des Saints arômes ! Hé quoi ! Laissez-moi imaginer un village au milieu des potagers, des champs, des fruitiers, des parfums, un coin d’plein d’arômes. Ou, laissez moi imaginer un pays où l’on écrivait des romans, où les plumes se plongeaient dans les encriers depuis les premières heures du roman, au Moyen Age ! Des saints romans ! Il y a aussi ce mot espagnol, arroyada, qui signifie « Ravin » et sur son promontoire, le village porterait bien un nom qui se rapproche de cette signification …

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Cessons les extravagances ! On se doute bien qu’avec un « Saint » en première partie de nom, il s’agit probablement de la déformation du nom d’un saint.  Il vient en fait de « Sanctus Romanus » qui signifie « Saint Romain » et qui s’est déformé au fil du temps. Le nom de « Sent Arroman » apparaît en 1212, il va disparaître temporairement à la Révolution pour laisser place au nom de « Egalité-Sousson » (car le village est situé dans la vallée du Sousson), puis retrouver, en 1822, quasiment le même nom qu’il avait  à l’époque médiévale : « Saint-Arroman ».


Le hasard fait bien les choses, car aujourd’hui, c’est la Saint Romain, je m’en suis rendu compte en effectuant quelques recherches sur ce nom. Bonne fête aux Romain, au passage !


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Balade à Saint-Arroman...

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21 février 2009

Un nom charmant : Ponsan-Soubiran.

C'est le 18 Août 2008, lors d'une randonnée vers le point culminant gersois que j'ai eu le plaisir de traverser le joli petit village de Ponsan-Soubiran où coule gracieusement la Baïse. J'avais été subjuguée par sa petite église et ses habitations traditionnelles entourées d'un belle et grande forêt.

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J'adore prononcer ce nom. Ponsan-Soubiran. Je le trouve original et poétique et me rappelle les sonorités du célèbre "Pont des soupirs". Mais si , il ponte dei sospiri, à Venise ! Et pourquoi pas ? Quelques noms de villes ont été empruntés à des villes célèbre, c'est le cas de Miélan (Milan), Fleurance (Florence), Cologne, Barcelone-du-Gers, et pourquoi pas un emprunt à l'un des monuments de la ville italienne des amoureux ? En voilà des considérations farfelues !


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Après quelques recherches, Ponsan-Soubiran n'a pas de rapport sémantique avec les lieux que le village occupe. Il est la réunion des nom de deux domaines : un domaine gallo-romain "Pontanium", domaine de Pontium qui a donné "Ponsan" et d'un patronyme latin "Superus" qui a donné "Soubiran". On note l'évolution phonétique par un premier passage par "Ponchan" en 1265, puis "Ponsan superiori" en 1384, "Ponsan-Dessus" dans l'Ancien régime qui reprenait plutôt le sens de "super" et non pas le patronyme originel, et enfin Ponsan-Soubiran. Rien à voir avec le fameux Pont des soupirs mais un nom très musical que j'aimerais toujours prononcer ou lire !

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